Campagne »Six mois sans rien » – Tribune « Pour en finir avec les six mois d’interdiction de travail des demandeurs d’asile »

Roya citoyenne a signé cette tribune :

https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/pour-en-finir-avec-les-six-mois-dinterdiction-de-travail-des-demandeurs-dasile-20250211_RFROWCPFXRDFTAUY7IPPUNFQKQ/

Tribune - Six mois d'attente pour rien. Pour en finir avec l'interdiction de travail des demandeurs d'asile .docx PPL - Demandeurs d'asile

TRIBUNE :

Six mois d’attente pour rien.
Pour en finir avec l’interdiction de travail des demandeurs d’asile

Six mois. C’est le délai d’attente imposé aux demandeurs d’asile avant de pouvoir solliciter une
autorisation de travail. Depuis 1991, les demandeurs d’asile se sont vus retirer la possibilité de
travailler dès leur arrivée sur le territoire et sont donc contraint à l’inactivité durant a minima les six premiers mois de leur demande d’asile. Or, nombreux et nombreuses sont celles qui
souhaiteraient, quand leur état de santé leur permet, exercer une activité et ne pas dépendre de la maigre allocation qui leur est versée par l’Etat en compensation de cette interdiction.
183 jours. C’est la durée arbitraire d’inactivité qui est imposée à des milliers de personnes,
privées du droit de travailler et condamnées, par là même, à survivre avec environ 200 euros
mensuels si elles sont hébergées, ou 426 euros mensuels pour se loger, se nourrir, se vêtir, se
soigner.
4 392 heures. C’est, le temps durant lequel les personnes en demande d’asile risquent d’être
exposées à des situations d’exploitation sur le marché du travail au noir. Condamnées, quoi qu’il en soit, à survivre en marge de la société.
Six mois sans rien. C’est la période insupportable qui leur est imposée, sans la possibilité
d’apprendre le français en occupant un emploi, sans la possibilité de tisser des liens avec les
habitants. L’inclusion est devenue un parcours du combattant pour celles et ceux qui cherchent refuge en France.
Ceux-là même qui s’érigent en chantres de la valeur travail et exigent l’assimilation totale des
personnes exilées sont les mêmes qui leur refusent l’intégration par l’emploi et les privent de
l’émancipation à laquelle ils et elles aspirent légitimement.
Supprimer ce délai, c’est donner aux demandeurs d’asile l’opportunité de rebâtir leur vie tout en corrigeant une législation injuste et contre-productive.
Les organisations professionnelles expriment une vive inquiétude face aux restrictions de plus
en plus importantes du droit au travail des demandeurs d’asile.
Les associations accompagnant les demandeurs d’asile font, quant à elles, le constat que
l’accès à l’emploi accélère leur inclusion.
Un an après l’adoption de la loi Asile et Immigration, une volonté collective et transpartisane se dessine. Elle doit déboucher sur de nouvelles politiques.
Une proposition de loi visant à supprimer le délai d’attente imposé aux demandeurs d’asile sera discutée à l’Assemblée les 12 et 20 février prochains. Nous appelons les députés de tout bord, sensibles à l’exigence de justice comme à l’intégration par le travail, à la voter.

Signataires :
SOS Racisme – Touche pas à mon pote
La Cimade
Oxfam France
Cgt (Confédération générale du travail)
UNSA
Union syndicale Solidaires
SINGA
JRS France
Refugee Food
Le RECHO et La Table du RECHO
ARDHIS
Animafac
UniR Universités & Réfugié.e.s
Association nationale des villes et territoires accueillants (ANVITA)
Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR)
Réseau des Territoires Accueillants 35 (RTA35)
Solidarités Asie France (SAF)
Polaris 14
Collectif Réfugiés du Vaucluse
Restaurant Nakatsu
DOM’ASILE
Collectif Accès aux Droits
J’accueille
LA CUISINE DE SOUAD
Paris d’Exil
THOT
CRID
Roya citoyenne
Juan Pablo ROJAS PINEDA, Co-fondateur du collectif EnCuisineContreLaLoiRaciste
Antoine de Clerck, Fondateur de Teriya
Alice Barbe, Activiste
Grande Bavardeuse, créatrice de contenu
Léa Fayette, Cheffe
Tahnee, humoriste
Bérangère Fagart, cheffe
Benoît d’Onofrio, Sobrolier
Nora Bouazzouni, journaliste

La campagne « Six mois sans rien » est destinée à soutenir la proposition de loi présentée en commission des lois le 12 février et en séance le 20 février par la députée Léa Balage El Mariky du groupe écologiste :https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion_lois/l17b0935_rapport-fond

 

Message de la députée le 24 février :

Nous avons obtenu de nombreuses victoires fortes en symboles :

– Une tribune réunissant associations, syndicats et employeurs, unis contre cette précarité organisée et ce délai d’attente, publiée dans Libération.

– Une campagne d’interpellation des députés avec plus de 100 000 mails envoyés !

– Une pétition réunissant plus de 200 signatures

Et surtout,une victoire symbolique et forte en commission des Lois, avec l’adoption de ma proposition de loi.

Malheureusement, le 20 février, jour de la niche parlementaire des écologistes, nous n’avons pas eu le temps d’examiner ma proposition de loi en raison d’une obstruction de la droite sur le texte précédent.

C’est une petite frustration, mais elle est vite balayée par l’espoir que cette campagne m’a donné, nous a donné.